Rappelons d'abord ce qu'est le syndrome de Tietze :
C'est une inflammation des cartilages reliant les côtes au sternum. Cette inflammation apparaît le plus souvent sans explication évidente et soudainement. L'inflammation provoque une douleur thoracique localisée au niveau central du sternum à hauteur des 2e et 3e côtes. Il s'agit d'une douleur en forme d'étau pouvant épisodiquement irradier dans les membres et muscles supérieurs. La douleur est reproductible et augmentée à la palpation et à l'effort ou mouvement.
Dans certains cas, l'inflammation provoque des ecchymoses ou gonflements, rougeurs thoraciques.
La nature et la localisation de la douleur font de ce syndrome une pathologie difficile à diagnostiquer et source d'errance médicale et d'anxiété pour les personnes qui la vivent.
Cette état de fait initial, se décline généralement en 3 situations différentes :
- Le syndrome de Tietze « classique »
Ici on se place dans la situation de base, la douleur est constante et peuvent survenir des crises de douleur de courtes durée. Le syndrome est diagnostiqué rapidement et peut même être visible aux imageries médicales ou prises de sang.
Si le traitement est rapide et avec les bons anti-inflammatoires et antalgiques, le syndrome disparaît en quelques semaines ou mois. A priori sans récidive.
- Le syndrome de Tietze « chronique »
Dans cette situation, le syndrome se développe sur le long terme. Il y a toujours une inflammation, mais elle est épisodique, elle évolue par pics.
De fait le syndrome est difficile à diagnostiquer, l'inflammation n'est, la majorité du temps, pas visible aux imageries médicales ou examens sanguins.
La douleur évolue avec l'inflammation, elle apparaît par périodes, semble disparaître et revient quelques semaines ou mois après. Là aussi elle prend la forme d'un fond douloureux qui peut donner lieu à des crises douloureuses.
Dans cette situation, on traite davantage la crise inflammatoire que le syndrome lui-même, lors des pics et de l'apparition de la douleur, à l'aide d'anti-inflammatoires et d'antalgiques.
Ici le syndrome « chronique » peut disparaître de lui-même, comme il est apparu, sans réelle explication. Cette situation est frustrante mais avec un traitement adapté, qui n'est pris qu'en cas de pics, les périodes inflammatoires sont bien supportées et raccourcies.
- Le syndrome douloureux chronique
Dans certains cas, l'inflammation disparaît d'elle même au bout de quelques temps : les anti-inflammatoires deviennent inefficaces et rien n'est visible ni aux prises de sang ni aux imagerie ; la douleur, elle, reste.
On se situe ici dans le cas d'un syndrome mal pris en charge ou non diagnostiqué. On assiste à l'apparition d'une douleur constante et à des pics de douleur de plus en plus fréquents. Ici la douleur est résistante aux traitements et peut évoluer dans sa forme et sa localisation : piqures, brûlures, décharges électriques, coups de couteaux etc.
On parle de douleurs chroniques, les douleurs sont réelles mais sont créées par un dysfonctionnement physiologique : nerfs, cerveaux etc. C'est le circuit de la douleur qui interprète ou surinterprète un message comme douloureux alors qu'il ne devrait pas l'être.
Dans cette situation, la douleur doit être prise en charge par une équipe de médecins dédiée à la douleur. Le traitement est pluridisciplinaire et pas seulement médicamenteux.
Cette situation est celle de patients douloureux depuis de très nombreuses années, avec une situation qui se dégrade ou stagne.
Dans tous les cas il faut garder en tête qu'un avis et un accompagnement médical est fondamental.Toute douleur ou modification de sa localisation, intensité ou forme doit être considérée comme anormale et doit faire l'objet d'une consultation médicale.
